Expérience, performance et recommandations à l’attention des décideurs et autorités en santé publique et des parties prenantes dans la lutte contre le tabagisme.

Résumé

Près de 40 % des sondés lors de l’enquête sur le groupe Facebook Les Vapoteurs #MoisSansTabac (2017) déclarent ne plus fumer cinq mois après l’opération caractérisée par le choix du vapotage et l’auto-support entre pairs. Au vu des résultats, SOVAPE appelle les autorités de santé à prendre leurs responsabilités et soutenir une politique cohérente et efficace d’aide aux fumeurs pour en finir avec la cigarette.

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L’enquête menée par SOVAPE s’est adressée à un échantillon des inscrits au groupe Facebook Les Vapoteurs #MoisSansTabac. Elle jauge après cinq mois les performances de l’opération. Il en ressort que le vapotage associé à l’auto-support a permis à 38% des sondés de quitter leur tabagisme. D’autre part, 8% des personnes encore fumeuses déclarent avoir réduit leur consommation de cigarettes et 1% fumer autant qu’auparavant. Trait marquant, près de 80% des participants à l’opération sont des femmes, alors que le tabagisme féminin progresse ces dernières années. Bien que 53% des sondés se soient abstenus de répondre à l’enquête à cinq mois, ils sont comptabilisés pour éviter un biais d’attrition non-aléatoire qui aurait favorisé les résultats positifs du groupe Facebook Les Vapoteurs #MoisSansTabac.

10 fois plus de chance d’arrêter de fumer

Cette initiative, qui associe vapotage et groupe d’entraide en ligne administré par des pairs, se révèle très performante pour favoriser le sevrage tabagique. En contraste, les tentatives sans aide sont évaluées à un taux de succès entre 3 et 5 %[1]. L’absence de données des autres groupes de ce Mois Sans Tabac 2017 ne permet pas de comparer strictement la performance du groupe dédié au vapotage aux autres méthodes. Mais les résultats de cette initiative mis en lumière par notre enquête ne laissent aucun doute que le vapotage constitue un phénomène de première importance dans le champ du sevrage tabagique.

Fort de ce constat et à l’appui d’une analyse détaillée du questionnaire de suivi réalisé à cinq mois, l’association SOVAPE propose quatre recommandations à destination des autorités politiques et sanitaires :

  • renforcer significativement la place du vapotage dans le #MoisSansTabac
  • réviser la réglementation sur les interdictions de propagande et publicité qui portent atteinte au public en bloquant l’information sur le vapotage et incitent à une désinformation anxiogène[2]
  • abolir les mesures contre-productives qui limitent les conditionnements des produits du vapotage et le taux de nicotine autorisé, très souvent insuffisant.
  • lancer un plan de formation pragmatique pour l’accompagnement à l’arrêt tabagique avec le vapotage à destination des acteurs de terrain médicaux et socio-sanitaires, en s’appuyant notamment sur les connaissances des usagers-experts.

Alors que les outils traditionnels n’ont pas été en mesure d’infléchir le niveau de tabagisme en France ces dernières années, il est souhaitable de tout mettre en oeuvre pour promouvoir une solution qui, avec un accompagnement bienveillant et expert, peut permettre jusqu’à près de 40 % des fumeurs de s’affranchir de la cigarette.

[1] Hughes, J. R., Keely, J., & Naud, S. (2004). Shape of the relapse curve and long-term abstinence among untreated smokers. Addiction, 99(1), 29-38. https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/j.1360-0443.2004.00540.x

[2] Par exemple https://www.sovape.fr/souris-vape-cancer-etude-controversee/

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AVIS D’EXPERT

Claude BAMBERGER

Tout a commencé en France il y a déjà 10 ans : quelques fumeurs un peu geeks se passent le mot…

Le bouche à oreille se développe rapidement avec l’ouverture de forums en ligne. Des utilisateurs passionnés s’échangent des bonnes pratiques, certains font de la vape leur métier, vendent, mais rapidement aussi fabriquent des liquides et du matériel.

Certains en parlent à leur médecin/tabacologue. La réponse est alors soit :

  • idéologique : “tout ce qui ressemble à une cigarette est mauvais, l’homme n’est pas conçu pour inspirer autre chose que de l’air frais”. Et tant pis pour les amateurs de parfums ou de hammam… ;
  • ou médicale : “les premières analyses semblent assez prometteuses, si cela vous plait restez vigilant sur les études qui seront certainement publiées. Tenez-moi au courant, j’en parlerais bien à d’autres patients.”

La pratique de la vape se transmet aussi entre proches, collègues ou relations. Elle ne s’arrête pas à la recommandation ou au cadeau : le nouveau vapoteur est “suivi”, encouragé, dépanné. Sur le web comme dans la cité. De son côté la Vape du Cœur rend la vape accessible aux plus défavorisés.

En 2012-14 arrivent les difficultés : ligues de vertu et laboratoires pharmaceutiques se manifestent. Les autorités interdisent ce qu’elles peuvent interdire, mais la science progresse rapidement et l’on évoque un risque plus de 20 fois inférieur à celui du tabac fumé. On assiste à un remake de l’affaire du snus, produit qui a permis à la Suède de passer sous les 5% d’hommes fumeurs.

Alors les vapoteurs se regroupent, pour dialoguer, répondre, ou se préparer à devenir autonomes si nécessaire.

Cela n’empêche pas le secteur de croître, l’entraide, l’établissement en France des premières normes au monde. Cela ralentit toutefois l’essor de la vape et protège le budget santé qui dépend des ventes de tabac, le temps d’augmenter suffisamment les prix pour compenser une baisse des fumeurs.

A la suite du premier “Sommet de la Vape”, les autorités sanitaires ouvrent toutefois une nouvelle voie : tolérer la vape mais uniquement pour les fumeurs qui seraient déjà informés, et sans la leur recommander (sic).

Cela débouche sur la belle aventure du Moi(s) sans tabac 2017 : via Tabac Info Service les fumeurs en projet d’arrêt avec la vape sont orientés sur un groupe Facebook presque comme les autres (“presque”, car sur le principe de l’auto-support, et qu’il y demeure interdit de recommander une marque, un produit ou de montrer une image). On retrouve l’ambiance des groupes et forums de vape, un peu désordonnée mais vite auto-organisée au cours du mois de novembre, puis sur Vape Info Service après que, au terme de l’opération, Tabac Info Service a décidé de fermer les groupes. “VIS” accompagne alors aussi les déprimes post-arrêt et ceux qui rencontrent les difficultés courantes après 2-3 mois sans tabac. Arrive enfin Mai 2018 et un cortège de messages encourageants des 6 mois et de défumeurs qui volent désormais de leurs propres ailes. Plusieurs se passent d’ailleurs déjà de la vape.

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AVIS D’EXPERT

Jean-Pierre COUTERON

Sortir du tabagisme, tel est l’objectif des vapoteurs. Il faut sans cesse le redire.

Le succès d’une politique contre le tabagisme, c’est sa capacité à dénormaliser une marchandise devenue grand public, dont l’usage fait encore partie, de façon banale, de la vie quotidienne de nombreux français. Les mesures d’augmentation des prix, d’interdiction d’usage dans des lieux à usage commun, de vente au mineur, d’interdiction de publicité ou de marketing, paquet neutre inclus, ne sont en ce sens pas de la coercition, mais une dénormalisation que la Fédération Addiction soutient.

Mais si une porte se ferme, une autre doit s’ouvrir sur les trajectoires de sorties proposées aux « fumeurs ». Et là encore, la logique voudrait qu’une seule stratégie ne soit pas proposée : élargissement du remboursement des substituts nicotiniques, gommes, diversification des médicaments d’aide au sevrage, thérapies comportementales et hypnose, aides par la relaxation, et donc, évidemment, le vapotage, et notamment dans sa dynamique d’auto-support.

Le document que vous allez lire rend compte de l’expérience d’un groupe d’auto-support, monté sur Facebook à l’occasion du Mois Sans Tabac 2017, à l’invitation de Santé Publique France et de Tabac Info service. Evidemment pas aux conditions qui président à l’accompagnement du vapotage au Royaume Uni, mais au-delà des débats encore difficiles en France sur le vapotage, ce groupe a pu « vivre sa vie » et fonctionner comme un vrai groupe d’auto-support. Des experts ont été invités, sur des sujets ciblés, pour autant, l’essentiel de la dynamique du groupe a été d’expliquer, encore et toujours, ce qu’est le vapotage. Car les savoirs usagers sont ici les vrais savoirs experts : « Ils leur apportent l’aide indispensable pour maîtriser cet objet technique, adopter les bonnes pratiques et finalement accroître leurs chances d’arrêter de fumer » est-il rappelé dans ce bilan. Ils aident aussi à dépasser ce « climat anxiogène » qui accompagne le vapotage, et s’ajoute à ce sentiment d’impuissance qui continue de retarder beaucoup de fumeurs pourtant motivés à arrêter.

On retrouve dans les pages qui suivent la logique de l’accompagnement que nous défendons depuis longtemps, elle ne s’oppose pas aux autres approches, mais les complète, au nom justement de la « diversité de l’engagement des participants (qui) plaide de facto pour un soutien souple et adapté. À la fois, la forme des échanges sur les réseaux sociaux et la pertinence du soutien par les pairs se montrent particulièrement efficaces pour offrir un accompagnement adapté et s’adaptant. »

L’idée de saisir cette occasion pour mener une observation de ce qui s’y passait doit être saluée, elle contribue à aider à comprendre l’intérêt du vapotage : plaisir, autonomie, prise en main par la personne, soutient à la dynamique d’identification au statut de non-fumeur et tellement d’autres choses !

Elle participe de ce qui devrait être un complément de la dénormalisation du tabac, une normalisation de l’apport du vapotage.

Alors lisez ce bilan, discutez-le, partagez-le, il a été fait pour cela : continuer un nécessaire dialogue.

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AVIS D’EXPERT

Patrick FAVREL

Vape for ever

Pédigrée pour preuve : 45 ans de dépendance à la clope. La pire des addictions que j’ai connu. Deux paquets et demi par jour. En 2012, game over & Vape only. L’auto-support aide et soutient : mon passage à la Vape je le dois à un ami, les évolutions dans le choix du matériel à d’autres.

Le forum sur Facebook lors du mois sans tabac a été exemplaire : aucune question sans réponse. 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. C’est un modèle dans la Réduction Des Risques (RDR) jamais atteint.

La combustion c’est Non : voilà le mot d’ordre fédérateur qui anticipe avec juste raison sur le cannabis. Eliquid et canna Vape c’est oui, le joint c’est non.

La Santé Publique se prive du plus grand réseau de RDR contre le tabagisme. L’influence des buralistes et de Big Tobacco ne peut être ignorée. L’efficacité du mois sans tabac est évidente : c’est le plus gros vecteur des ventes de substituts nicotiniques pour Big Pharma !

Vape libre, autonome et internationale : la singularité de la Vape est d’être plurielle. Elle rassemble chercheurs, industriels, distributeurs et usagers toujours dans un effort partagé de progrès. Fédérative et solidaire, la Vape a permis sur ses seules ressources de publier un livre blanc de 1’000 témoignages et d’imposer les deux sommets de la Vape en France.

Prévention et priorité santé : 73 000 morts par an, c’est plus que n’en a jamais connu le VIH.

Alors, qu’attend Agnès Buzyn ?

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AVIS D’EXPERT

Françoise GAUDEL

Le groupe « Les Vapoteurs #MoisSansTabac » a été signifiant de deux points de vue.

  • L’auto support par les pairs, avec le soutien de vapoteurs confirmés, montre une fois de plus son intérêt dans le sevrage tabagique. Les échanges autour du parcours, des dosages, des matériels, et de tout ce qui fait la difficulté à quitter le tabac ont permis à 4’000 inscrits de mieux appréhender non seulement une dynamique positive de groupe, mais aussi un outil de réduction des risques efficace, qui a été ainsi mis en avant.
  • La vape comme outil de sevrage, à égalité de droit et de dignité avec les autres méthodes, quelles qu’elles soient. Pour la première fois, Santé Publique France a donné la parole aux vapoteurs, dans le cadre d’un groupe-équipe du Mois Sans Tabac.

Le résultat de l’enquête confirme, une fois de plus, ce que nous avons pu observer par ailleurs : la vape est un moyen qui a fait ses preuves pour le sevrage tabagique, seule ou en association avec d’autres outils. 

Tant de chemin reste à faire, pour faire entendre la parole des usagers de la vape, pour apporter à chaque fumeur désirant utiliser cet outil non seulement des informations fiables, mais aussi un accompagnement dans ses usages et dans le chemin de sevrage qu’il permet. 

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AVIS D’EXPERT

Jacques LE HOUEZEC

La vape sauve des vies !

Dans le domaine de la réduction des risques les usager-experts font un travail énorme qui reste trop souvent dans l’ombre. La vape en est un parfait exemple. D’abord par le bouche à oreilles, puis sur les forums, enfin sur Facebook, l’évolution des réseaux sociaux est un outil formidable pour transmettre l’expérience et le savoir des sachants. Qu’ils soient scientifiques, professionnels de santé, ou simples vapoteur-experts, tous peuvent aider les fumeurs à sortir de la combustion du tabac, et pourquoi pas du cannabis !

Contrairement au Royaume-Uni où la vape fait maintenant partie intégrante des armes contre le tabagisme, les autorités françaises restent frileuses et n’ont pas encore passé le pas de recommander la vape pour arrêter de fumer comme elles le font avec les substituts nicotiniques ou les médicaments d’aide à l’arrêt. Ajoutez à cela les gros titres des médias, toujours prêts à relayer des études négatives, bien que souvent critiquées rapidement par les experts de la vape car entachées d’erreurs méthodologiques. Beaucoup de fumeurs ne franchissent pas le pas car on leur fait peur. En plus de la peur irraisonnée de la nicotine, diabolisée depuis trop longtemps.

Ceux qui le font, soit en entrant dans une boutique de vape, soit en cherchant une aide et un soutien qu’ils peuvent trouver sur les réseaux sociaux, sont souvent impressionnés par l’efficacité de la vape dans l’aide à l’arrêt du tabac fumé. Ceux qui sont bien conseillés trouvent ça presque trop facile par rapport aux tentatives de sevrage qu’ils ont vécu précédemment, sans aucune aide pour la très grande majorité d’entre eux, ou avec des substituts insuffisamment dosés trop souvent. La similitude du mode d’absorption rend l’expérience plus facile car les fumeurs savent réguler la quantité de nicotine qu’ils absorbent, et ils apprennent à le faire avec la vape. A condition d’avoir les bons conseils pour débuter. Et c’est là où l’expertise des vapoteurs, aussi bien en boutique que sur les réseaux sociaux, est indispensable.

Les résultats de cette enquête viennent juste le confirmer. Il est donc primordial, pour améliorer de façon drastique la Santé publique en France (près de 80 000 morts par an dues au tabagisme) que les autorités françaises entendent enfin le message des vapoteurs et des défenseurs de la réduction des risques. Oui, il est possible de venir à bout du tabagisme et de préserver des millions de vies humaines, à condition d’avoir le courage de reconnaître la vape comme un moyen de sortie du tabagisme, qui de plus ne coûte pas un cent à la société, et le faire savoir haut et fort à tous les fumeurs !

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AVIS D’EXPERT

William LOWENSTEIN

Sensibiliser et désensibiliser

Puisse le tout récent et passionnant rapport Sovape aider à sensibiliser les fumeurs et désensibiliser les tutelles françaises, allergiques jusqu’à ce jour au vapotage.

Plus de 400 fumeurs suivis et 40% d’arrêts, de sevrages réussis, grâce à la Vape à 6 mois. Oui, 40%, presque un fumeur sur 2 a réussi à arrêter cette combustion mortelle du tabac qui tue prématurément un usager sur 2 !  

Un résultat d’autant plus fantastique à entendre que cette enquête a considéré, avec une saine exigence, les non répondeurs ou perdus de vus directement comme des échecs, ce que ne font pas toujours toutes les études en addictologie .

La vape doit ainsi enfin être reconnue par nos tutelles comme un moyen fort de sevrage du tabac fumé, moyen de plus compatible avec les autres méthodes classiques (patchs substituts nicotiniques dorénavant remboursables malgré, jusqu’à ce jour des résultats bien en deçà de ceux du vapotage) et moyen qui, avec les milliers de vie qu’il va sauver, ne coûtera rien à notre système sanitaire; au contraire, elle va lui faire économiser des centaines de millions d’euros ! 

Rendons certes hommage à Denis Papin, révélateur français au 17eme siècle de la force de la vapeur et à l’Ecossais James Watt (1769, un des premiers réalisateurs de machine à vapeur performante) pour rappeler que les appellations E-Cig ou cigarette électronique devraient être abandonnées. Mais surtout soulignons que la vape, au début de ce 21eme siècle, grâce à ces militants usagers, n’a pas mis un siècle pour s’imposer, prouver sa force au quotidien sur le terrain de bien des pays. Il serait regrettable et dommageable que nos tutelles françaises ne tiennent pas compte de cette étude et restent au temps de Denis Papin. Elles en seraient irresponsables et coupables.